Les Déesses de la vie ont décidé que je devais être une mère en puissance, comme ça d’un coup, en balayant tout sur son passage après tant d’années à évoluer pour moi-même. En plein apprentissage d’une première maternité, voilà que de manière totalement imprévue, une seconde graine de vie s’est invitée dans mon ventre à peine remis.
Des premiers indices se sont fait sentir : ma petite elfe ne faisait plus ses nuits, elle se réveillait toutes les heures et les tétées étaient devenues douloureuses. Ne savait-elle plus prendre le sein correctement ? Non mon corps bouleversé ne savait plus où donner et à qui.
Ce corps, plus si jeune à 36 ans passé, n’était surement pas prêt à ça. Tout déraille et se dérègle : hypothyroïdie, Diabète de grossesse. Prise de sang encore et encore. Heureusement, j’ai croisé le chemin d’une formidable gynécologue à la maternité. Pas de toucher vaginal lors de nos rencontres, toujours le sourire et toujours rassurante.
Mon ventre prend de l’ampleur très rapidement. Et très vite, on sait. Ce sera un petit garçon. Quelle chance !
Quel défi de s’occuper d’un premier bébé tout en portant le second. Je n’ai pas beaucoup de temps pour penser cette grossesse, pour la vivre pleinement. Je crains plus que tout une seconde césarienne. Tout sauf ça.
Un jour, je m’offre une parenthèse, petite elfe ira chez ses grands-parents et moi je pars en voyage auprès des femmes-guides grâce à mon amie Plume de Lune. Un doux moment dans un tipi hors du temps au son du tambour.
Mon petit ours semble bien installé en transverse, dans son hamac… Entre temps, j’ai espacé les tétées pour mon aînée puis elle a pris son envol. Nous avons fait le choix de ne pas faire un co-allaitement.
Les semaines défilent. Ma belle-mère viendra un mois pour m’aider pour la fin de la grossesse, l’ambiance sera bien différente cette fois-ci.
Bébé de l’été devrait arriver vers le 20 août. Quelques semaines avant, c’est l’âme de mon grand-père qui s’envole sans que j’ai pu lui dire au revoir… Son âme m’accompagnera, me soutiendra.
Je dois tenir bon.
Je n’ai pas fait de préparation à la naissance. J’ai décidé que j’y arriverai.
Le 12 août, nous décidons de visiter une ferme pédagogique et d’aller à la mer avec ma petite elfe. Je marche, je porte, je marche.
Le lendemain, je prends la poussette, et je marche, marche, marche dans la chaleur de l’été. J’ai des contractions depuis le matin. Le soir, j’ai toujours des contractions. Je sais que c’est pour bientôt. Dans la nuit je sors de mon lit, seule dans mon salon, j’accueille les vagues. Je ne veux réveiller personne (ma fille, le Papa, mon Papa et ma Belle-Maman). Alors, je continue seule dans la nuit, toute la nuit. Ca devient intense. À 6h00 du matin, je vais réveiller mon compagnon lui dire qu’il faut se préparer. Je continue à gérer seule. Mon père et la maman de mon compagnon arrive. Ma petite de 16 mois s’est réveillée et ne comprend pas trop pourquoi sa Maman rugit ainsi dans le salon. Dernière image d’elle en train de prendre son petit-déjeuner avec ses grands-parents. J’ai des contractions toutes les 2 minutes.
Le chemin en voiture est terriblement difficile pourtant il n’y a que 20 minutes. Puis traverser le parking…
On m’installe dans une salle pour des analyses d’urine mais c’est très fort et de plus en plus rapproché? Je rugis dans les toilettes. Finalement, on m’installe directement en salle de naissance. Je suis ouverte à 8 !!! J’ai réussi ça seule avec bébé. Et bébé n’est plus en siège. On me propose la péridurale, que j’accepte après une hésitation. Cela m’offre un peu de répit mais ralentit le travail. Petit à petit les deux derniers centimètres seront gagnés. Petit cœur ralentit aussi. Quelle frayeur ! Comme mon aînée.
Alors oui, je me retrouve encore les pieds dans les étriers, oui cet accouchement n’est pas vraiment naturel, mais je dois y arriver, je suis forte. Je pousse, je pousse comme je peux. La gynécologue, la sage-femme et l’auxiliaire qui m’accompagne sont douces et bienveillante. C’est dur. Bébé est dans mon bassin.
La gynécologue me demande l’autorisation d’accompagner bébé en massant mon ventre. J’ai l’impression de m’ouvrir, de me déchirer et l’instant d’après, il est là sur mon sein, magnifique, tout petit, vivant. Quelle émotion. Je l’ai fait, avec de l’aide, mais je l’ai fait !! Il tète déjà avidement, mon tout-petit. Je l’aime déjà tant. Et je ne peux m’empêcher de penser à ma petite elfe pour qui la naissance n’aura pas été aussi douce…
Alors ne perd pas espoir, oui il est tout à fait possible d’accoucher par voie basse après une césarienne même à 36 ans avec des grossesses rapprochés, une hypothyroïdie, un diabète gestationnel, sans préparation à la naissance, sans beaucoup de soutien du Papa et la fatigue d’une première matrescence. Tu as le droit d’y croire, de le faire inscrire sur ton dossier de naissance et de te faire aider de la manière qui te conviendra.
Illustration : Korrig’Anne https://korriganne.com/2021/09/17/la-vie-trouve-toujours-sa-voie/